Le programme STOC
(suivi
temporel des oiseaux communs), auquel participent de nombreux bénévoles
associatifs, organise chaque printemps depuis vingt ans, un comptage
des oiseaux communs. Respectant un protocole précis, chacun des 1
500 observateurs note alors tous les oiseaux qu'il a vu et entendu.
Leurs données, recueillies sur près de 1 000 sites, sont transmises aux
scientifiques
du Muséum National d’Histoire Naturelle, qui les compilent pour
alimenter l’un des
indicateurs les
plus importants en matière de biodiversité, l’indicateur STOC.
Le bilan de cet indicateur n’est pas encourageant.
Entre 1989 et
2008, les
effectifs d’espèces d’oiseaux nicheurs communs ont chuté de 10 %. Ce
n’est
qu’une moyenne et certaines espèces dégringolent : le tarier des prés,
la
linotte mélodieuse, quand d’autres reprennent du poil – pardon, des
plumes – de
la bête, comme la cigogne blanche.
Au-delà des fluctuations naturelles, il y a
des
phénomènes de fond qui fragilisent nos copains ailés et expliquent ces
chiffres : fragmentation
des
milieux, urbanisation, traitements chimiques, etc. Certaines espèces
ont du mal
à
adapter leur comportement migratoire aux modifications du climat, ce
qui
inquiète beaucoup les scientifiques. Ils craignent que les changements
induits
dans les équilibres écologiques ne soient fatals à quelques unes
d'entre elles.
Pour autant, ne soyons pas pessimistes,
parce que
tout n’est
pas perdu. Des cas concrets (vautours moine et fauve, gypaète barbu,
etc.)
montrent
que l’on peut inverser la tendance lorsque l’on en a la volonté et les
moyens. Dans nos efforts pour construire une nouvelle économie verte,
il faudra donc intégrer cet objectif simple : restaurer et maintenir
les populations d’oiseaux et avec elles,
de
toutes les espèces, dont la nôtre !
Dans cet objectif, nous avons tous un
rôle à jouer, notamment en termes de suivi des espèces. Par
exemple, avez-vous vu une
hirondelle des fenêtres, un rouge-gorge ou un rouge-queue dernièrement
? Ces oiseaux, facilement
reconnaissables, vivent ou déjeunent très souvent près de vos
habitations. Si c'est le cas, rendez-vous vite
sur le
site du
Muséum National d'Histoire Naturelle. Vous pourrez enregistrer vos
observations
et en répondant à quelques questions, vous apporterez une pierre à
notre
connaissance des oiseaux.
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